- Les deux référendums perdus ont démontré les limites de campagnes trop courtes, dont la forme l’emporte sur le fond
- Parce qu’il faut remettre entre les mains de la population le soin de définir son avenir politique et son projet de société
Voir l’exemple d’une constituante au Québec
Alexandre 31 mai 2011 - 10:17
Je suis toujours un peu méfiant lorsqu’on remet notre avenir entre les mains de quelques personnes, nommées de surcroit. Et j’ai encore plus peur quand on mêle le peuple à des débats passionnés. Qui prendra la parole? Qui imposera ses idées? Qui fera pencher l’opinion publique d’un côté ou de l’autre? Allons-nous nous efforcer d »informer les gens sur tous ces sujets!? Quelle influence des médias? Je n’ai pas vraiment de position sur ce projet de consultation publique, mais je pressens d’avance les pièges dans lesquels nous pourrions tomber… Et j’en tremble…
Édimestre 8 juin 2011 - 17:44
Une constituante est une assemblée élue au suffrage universel. Elle pourra compter dans des centaines de personnes dont les travaux se feront de façon publique et ouverte. Il ne s’agit donc pas de quelques personnes nommées. Ces élections devront se faire à la proportionnel des plate-formes élaborées par les personnes qui seront présentées. Elle sera formée d’un nombre égal d’hommes et de femmes. Le résultat de ces travaux seront soumis à un référendum . Elle sera précédée d’un exercice de démocratie participative de façon à rendre clairs les objectifs d’une telle assemblée et amener les citoyens et citoyennes du Québec à offrir leurs réflexions à l’assemblée constituante. Pour que les différentes opinions aient droit, il faudra prévoir des temps d’antenne précis lors de l ‘élections de la constituante. Une constituante ne peut être réduite à un exercice de consultation publique. Elle est une véritable exercice de souveraineté populaire qui permet d’élaborer une constitution (la loi des lois) soumis au peuple pour ratification. La constituante n’est pas une invention fumeuse. Cette démarche démocratique radicale a été réalisée dans plusieurs pays du monde jusqu’à tout récemment. Le peuple du Québec participera ainsi à la définition de son destin dans les meilleures conditions.
Martin PM 13 juin 2011 - 10:33
Je suis membre de QS depuis belle lurette, après avoir militer à l’UFP. Ça fait donc plusieurs années que je défends la démarche de la constituante. Toutefois, un très grand flou demeure autour de cette démarche. Elle à définir en bonne partie.
Autant QS dénonce la démarche référendaire péquiste, autant il admet la nécessité de tenir une campagne référendaire sur l’indépendance du Québec et sur le projet de constitution. Il n’y a pas des dizaines de façon d’obtenir la souveraineté du Québec: les armes, une élection référendaire ou un référendum. Toutefois, il y a plusieurs manières d’encourager la mobilisation populaire. Le PQ de Parizeau l’avait susciter par sa vaste campagne de consultation menée dans les mois précédents le référendum de 1995, à laquelle avait participé plus de 55 000 personnes. C’est peut-être la preuve qu’on devrait encourager une mobilisation populaire encore plus grande la prochaine fois, mais dire que le PQ n’a jamais mobiliser les masses pour son projet est un peu malhonnête. Qu’il ne les mobilise plus depuis 15 ans est toutefois bien véridique!
Est-ce qu’une assemblée constituante, portant en autres sur l’avenir du Québec, est la meilleure façon d’arriver à cette mobilisation populaire en vue d’une campagne référendaire? Cela mousserait sans doute l’intérêt pour la campagne référendaire subséquente, les citoyens ayant débattus des mois à l’avance sur le texte qui serait l’objet du vote. Toutefois, un vote simultané sur la constitution et l’indépendance du Québec n’est-il pas source de confusion? 1) QS parle-t-il d’un référendum sur deux questions: indépendance et constitution? 2) D’un référendum sur l’indépendance suivi, s’il est gagnant, d’un référendum sur la constitution? 3) Ou d’un seul référendum sur la constitution, dont le premier article serait l’affirmation de l’indépendance du Québec?
Personnellement, l’option 2 me semble la plus logique et démocratique. Bien que quelques membres de QS semblent rejeter un projet de pays indépendant qui ne serait pas de gauche (pour faire simple), l’indépendance est en soit un acquis important pour une nation. Cet enjeu mérite en soi un débat. Y lier simultanément un débat sur la constitution apporterait beaucoup de confusion: la stratégie référendaire du «Non» sur l’accord de Charlottetown, en 1992, était d’ailleurs baser sur le rejet d’articles bien précis. Même si la Constituante accouche d’un texte constitutionnel aussi succinct que la constitution américaine, le risque de confusion est grand. Le rejet l’indépendance du Québec sur quelques articles constitutionnels serait un échec lamentable. On peut s’entendre sur l’indépendance, mais pas nécessairement sur la constitution. Surtout si QS veut se lancer dans un vaste projet constitutionnel intégrant des débats sur les ressources naturelles, les services publiques, etc.!
La nouvelle démarche indépendantiste pourrait se dérouler en trois étapes: 1) QS, voire une coalition souverainiste, après avoir mené plusieurs études sur le projet de pays, pourrait lancer une vaste consultation populaire pour informer la population sur les principaux projets à réaliser dans un Québec souverain, et surtout pour consulter la population sur ces projets (réformes administratives, décentralisation, rapatriement des pouvoirs fédéraux, etc.). 2) La campagne référendaire porterait sur l’indépendance du Québec et l’élection subséquente d’une assemblée constituante, plutôt qu’une question sur un mandat de négociation de souveraineté du Québec avec le Canada (1995). 3) Suite au référendum gagnant, le gouvernement déclencherait la campagne électorale de l’assemblée constituante. Les sujets abordées par la constituante devraient être décidés par celle-ci, en se basant sur la consultation populaire de la première étape.
En incluant les citoyens dès le départ dans le débat sur l’indépendance et la future constitution, nul doute qu’ils voudront réussir l’étape 2 (campagne référendaire) pour passer à la 3e étape (assemblée constituante).
Martin Patenaude-Monette
Claude Demers 18 juin 2011 - 12:42
De toute évidence j’avais posté ce commentaire dans le mauvais fil. Le revoici donc au bon endroit.
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L’idée d’une assemblée constituante est la seule véritable démarche démocratique vers la souveraineté. Une telle assemblée doit être composée de toutes les couches de la population, dont les minorités et les peuples autochtones. Elle permettra aux Québécois d’établir les conditions dans lesquelles ils veulent nouer leurs relations politiques et économiques avec les États qui les entourent. Elle leur permettra aussi de faire valoir les grandes orientations économiques et sociales que la Constitution doit protéger, liant ainsi question nationale et valeurs économiques.
À noter toutefois qu’il y a deux types d’Assemblées constituantes. Une assemblée constituante peut-être choisie par l’État ou elle peut-être élue. Une assemblée constituante élue est la seule véritable façon de garantir ses fondements démocratiques et de s’assurer qu’elle reçoive l’appui d’une majorité de la population dans un référendum pour son adoption.
À ce sujet, Québec solidaire pourrait dès maintenant travailler avec les forces démocratiques du Québec dont, le mouvement syndical, les organisations féminines, les groupes populaires, les intellectuels, les organismes professionnels, culturelles, les minorités etc… à mettre sur pied une « Assemblée constituante populaire » dans le but de créer un véritablement mouvement, unifié autour d’un vaste projet qui soit vraiment national et incontournable.