Un fédéralisme irréformable

La constitution canadienne accorde au palier fédéral l’essentiel du pouvoir de l’État laissant aux gouvernements provinciaux des pouvoirs restreints exercés sous le contrôle du gouvernement central.
Avec la Révolution tranquille et le développement du Québec moderne, de fortes aspirations à l’autonomie puis à l’indépendance se sont manifestées au début des années 60 et durant les années 70. Ce mouvement a exercé des pressions permettant l’ouverture de négociations constitutionnelles dans lesquelles le Québec a demandé le rapatriement de certains pouvoirs et sa reconnaissance comme nation. Durant ces négociations, le Québec s’est heurté à l’intransigeance du gouvernement fédéral qui a toujours refusé toute décentralisation significative des pouvoirs en faveur du Québec.

Le rapatriement unilatéral de la constitution après la défaite référendaire de 1980 a débouché sur l’adoption arbitraire de la constitution de 1982 par l’ensemble du Canada sans le Québec. Cette constitution a été imposée sans l’aval d’aucune formation politique du Québec. Elle ne reconnaît pas la réalité nationale du Québec, ni son droit à l’autodétermination. Elle permet même l’adoption de réformes à la constitution du Canada sans que le consentement du Québec ne soit requis.

Au cours des 40 dernières années, le fédéralisme canadien s’est donc donné une constitution sur mesure pour construire la nation canadienne, pour centraliser les pouvoirs à Ottawa, pour amoindrir des droits du Québec sur des secteurs économiques essentiels, comme la culture, les communications et l’immigration. L’État fédéral a toujours refusé d’accorder au peuple québécois les pleins pouvoirs qui lui auraient permis de faire de la langue française la langue commune au Québec. Il a toujours cherché à y imposer le bilinguisme en refusant que la loi 101 puisse s’appliquer dans les institutions fédérales oeuvrant au Québec.

Ottawa n’a pas accordé un plus grand respect aux peuples autochtones. La domination fédérale sur ces peuples a débouché sur leur réduction à la misère et sur des tentatives particulièrement cruelles d’assimilation culturelle.

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Commentaires(4)
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    Jacky Vallée 15 avr 2011 - 13:12

    « Ottawa n’a pas accordé un plus grand respect aux peuples autochtones. La domination fédérale sur ces peuples a débouché sur leur réduction à la misère et sur des tentatives particulièrement cruelles d’assimilation culturelle. »

    J’aimerais donc savoir comme QS prévoit aller à l’encontre du colonialisme qui continue à opprimer les peuples autochtones.

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    Gabriel Laurin 3 mai 2011 - 20:12

    Bonjour, au lendemain de cette élection fédérale qui nous est pour le moins choquante pour tous et chacun, la souveraineté reprend de plus en plus son sens. Plusieurs fédéralistes, autonomistes ou indécis ont tourné le dos au fédéralisme et sont devenus souverainistes (On le remarque très bien sur les réseaux sociaux). Toutefois, cela semble être un avantage pour le PQ.

    J’appuie Québec Solidaire, mais je redoute la division du vote souverainiste lors des prochaines élections provinciales. Est-ce que Québec Solidaire a l’intention de faire une coalition avec le PQ si ce dernier était porté au pouvoir? Est-ce que Québec Solidaire serait en désaccord avec la manière de procéder du PQ par rapport à une campagne référendaire?

    Merci beaucoup

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      Édimestre 9 mai 2011 - 13:07

      Bonjour Monsieur Laurin,

      votre question est pertinente et très actuelle. Comme vous, nous faisons l’analyse du fait que la souveraineté est plus pertinente que jamais. Seulement, nous pensons que le PQ et sa stratégie de gouvernance souverainiste n’est pas une stratégie pour le XXIème siècle. En effet, une simple campagne référendaire et une stratégie de bras de fer avec Ottawa constituent des façons de faire qui ont montré leurs limites. C’est pourquoi nous proposons de remettre entre les mains d’une assemblée constituante élue au suffrage universel les clés de l’avenir du Québec. Un gouvernement solidaire irait dans ce sens et donnerait à la population un véritable moyen d’influer sur son avenir. Ce processus aurait l’avantage d’être non-partisan.

      Par conséquent, pour répondre à votre seconde question, nous faisons malheureusement le constat que le PQ possède une stratégie floue concernant l’accession à la souveraineté du Québec ce que nous regrettons en tant que parti souverainiste.

      Et pour répondre à votre première question sur la division du vote, nous avons toujours dit que nous étions ouverts à la discussion. Lors des cinq ans de notre parti Monsieur Khadir et Madame David l’ont d’ailleurs rappelé durant plusieurs entrevues, nous ne nous en sommes jamais caché. La question d’une coalition n’est par ailleurs pas à l’ordre du jour étant donné les orientations péquistes en matière de souveraineté mais aussi socio-économiquement.

      Nous faisons plutôt le constat suivant: le PQ aura besoin d’une opposition forte s’il venait à prendre le pouvoir car ce qu’il a opéré dans le passé est loin d’être satisfaisant et mérite une attention de tous les instants si nous ne voulons pas que nos services publics soient démembrés, que notre système d’éducation devienne inaccessible, que nos ressources naturelles ne soient pas bradées et que la population ait voix au chapitre, pas seulement les milieux d’affaires. Car malheureusement, il est là le problème: le bilan du PQ est très critiquable et ses positions actuelles dans certains dossiers importants pour le Québec ne sont pas rassurantes.

      En somme, au lieu de parler de coalition, nous voulons nous adresser à chaque citoyen-ne pour leur parler de notre démarche participative, démocratique et décentralisée. Celle-ci vise à rassembler les Québécois-es, quel que soit leur allégeance politique. Québec solidaire est un parti traversé par plusieurs « sensibilités »: féministes, écologistes ou encore pacifistes pour ne citer qu’elles. Autrement dit, nous sommes un parti ouvert et traversé par des champs d’analyse qui cohabitent en harmonie, le dernier Congrès sur l’économie et l’écologie l’a bien montré!

      Merci de nous avoir écrit,

      Bien cordialement,

      David Dubois

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