Notes de l’assemblée Pays de projets du 23 novembre 2011 à la Cabane en bois rond, Gatineau

Ouverture de l’assemblée par Bill Cennett

La campagne Pays de projets est en continuité avec les positions programmatiques adoptées par Québec solidaire sur la souveraineté, lors du congrès de novembre 2009.

Il souligne l’apport de Impératif français à la promotion et à la défense de la langue française et de la culture québécoise dans la région.

Allocution de Charmain Levy
Thème: Lien ente développement régional et langue en Outaouais

Qu’est-ce que le développement? Pas seulement économique. Quel type de développement voulons-nous? Un développement qui est centré sur les besoins humains, matériels et moraux. Les besoins du 99%… C’est à nous de définir nos besoins, pas à d’autres.

C’est ce qu’on appelle un développement endogène. Un projet qui stimule la créativité de la communauté, en toute autonomie, sur la base de ses ressources naturelles et culturelles. Un développement qui respecte les limites de l’environnement et les besoins futurs.

Il faut tenir compte des aspects économiques, sociaux et culturels. Les trois sont toujours interreliés.

Dans notre société, tout est soumis au marché, le social et le culturel sont dominés par les impératifs économiques.

Exemples à Gatineau: dépendance envers l’économie de l’Ontario, en particulier avec la fonction publique fédérale. Notre économie est organisée en fonction des besoins du gouvernement fédéral, de la ville d’Ottawa, etc. La CCN incarne cette réalité. Le projet de District fédéral serait la réalisation ultime de cette vision. Beaucoup de résidents de l’Outaouais qui viennent d’autres provinces s’attendent à ce que l’économie de la région soit organisée en fonction de leurs besoins, notamment par des services en anglais, tant dans les commerces que les services publics.

Ce modèle de développement est un obstacle à un projet collectif de vivre en français.

Autre exemple : le sous financement des services de santé qui va de pair avec la dépendance envers les services en Ontario. Cette dépendance est croissante. Le gouvernement verse de plus en plus d’argent aux services publics de l’Ontario, pendant que nos services n’ont pas assez de financement.

Allocution de Jean-Paul Perreault
Pourquoi protéger et promouvoir le français au Québec?

Pour la protection de la diversité culturelle à l’échelle mondiale face au rouleau compresseur anglo-américain. Pas seulement un enjeu au Québec et en Outaouais. Une richesse historique pour l’humanité est en danger.

Le gouvernement est en partie responsable. Mais on doit aussi se responsabiliser individuellement.

Ici ça devrait se passer en français.

L’identité québécoise est en construction et tout le monde est le bienvenu ici pour y participer, en français.

Le rôle des francophones est d’encourager la francisation des autres et de maintenir le visage français du Québec.

La proportion de francophones au Canada et au Québec est en déclin constant.

Le recensement de 2006 indiquait un taux d’assimilation de 38% pour les francophones hors Québec. L’anglais gagne des millions de locuteurs.

Au Québec, les transferts linguistiques renforcent la minorité anglophone. Plus de 50% des transferts linguistiques se font vers l’anglais. (Comparativement au poids de la minorité anglophone qui est de 8%.)

Récemment, on a remarqué l’embauche de dirigeants unilingues anglais au gouvernement fédéral et à la Caisse de dépôt, le retour de la Reine d’Angleterre comme symbole national.

La Cour suprême continue de miner les lois linguistiques. Des organisations d’importance comme Air Canada, Poste Canada, le  Ministère de la Défense nationale, ne respectent toujours pas même la loi fédérale sur les langues officielles, qui n’est pas très contraignante.

60% des postes fédéraux au Québec exigent l’anglais.

10% des postes en Ontario exigent le français.

35 ans après l’adoption de la loi 101, bien des résidents du Québec affirment toujours refuser d’apprendre le français. L’anglais s’impose de plus en plus au travail, notamment à Montréal.

Au fond la question qui se pose est de savoir si Gatineau est une ville ontarienne ou québécoise.

En Outaouais, l’anglais est adopté comme langue d’usage à un taux 18% plus élevé que comme lange maternelle, c’est donc que des transferts linguistiques se préparent vers l’anglais.

On remarque une présence marquée de l’anglais dans les commerces.

En somme, le bilinguisme fonctionne à sens unique.

La ville de Gatineau n’a toujours pas de politique linguistique. Son site Web et ses services sont bilingues. Pas d’incitation aux entreprises à fonctionner en français. Beaucoup de ses postes sont bilingues. Il a fallu un tollé de protestation pour retirer les primes au bilinguisme pour les employés municipaux.

De nombreux ontariens vivent au Québec mais paient leurs impôts en Ontario.

Il faut se mobiliser, intervenir personnellement et collectivement.

Allocution de Françoise David
Pourquoi QS s’intéresse à la question du français?

Elle n’aurait pas affirmé être inquiète pour la langue si on lui avait posé la question il y a sept ou huit ans. Elle aurait dit : « Est-ce qu’on n’est pas un peu alarmistes? »

Maintenant, on peut constater qu’il y a un réel recul du français au Québec, surtout à Montréal et en Outaouais.

Exemples de reculs:

  • Les écoles passerelles
  • Les services de garde en milieu familial pas en français
  • Le nombre important de jeunes francophones et allophones qui choisissent le cégep en anglais
  • L’anglais gagne du terrain dans les milieux de travail. Par exemple dans les banques.

Le problème n’est pas du principalement à l’immigration mais plutôt à la mondialisation et à l’influence des États-unis.

L’anglais est perçu comme la langue de la réussite.

Pourquoi s’entêter à parler français? Nos ancêtres se sont battus pour ça. Ça représente 400 ans d’histoire. C’est notre héritage à nous, notre partie de la diversité mondiale. Il ne faut surtout pas baisser les bras. C’est la mobilisation collective du peuple québécois qui est la solution.

Il faut commencer par les milieux de travail.

La question de la loi 101 au cégep sera débattue au congrès de QS en décembre.

Les parents et les jeunes vont choisir des études en anglais si la perception est que l’anglais est nécessaire au travail.

Le Québec choisit 70% de ses immigrants, 2 sur 3 parlent français en arrivant. Les immigrants aussi veulent le meilleur avenir pour leurs enfants, ce qui peut vouloir dire l’anglicisation si c’est vu comme l’avenue du succès.

Le Comité de coordination national de Québec solidaire a élaboré une série de propositions à ce sujet (28) dont plusieurs seront discutées au congrès de décembre :

http://is.gd/4BemzA

Des mesures à adopter maintenant :

  • promouvoir la culture francophone
  • renforcer l’office de la langue française
  • restreindre l’exigence de l’anglais à l’embauche
  • renforcer les services de francisation pour les immigrants
  • former les éducatrices en milieu familial
  • donner un rôle plus important à l’école.

La connaissance de la culture francophone est essentielle pour tout le système d’éducation.

Les services publics doivent être en français, sauf dans les situations d’urgence et pour des raisons humanitaires.

Pourquoi on a besoin de se donner un pays? Pour protéger le français, entre autres.

Discussion avec le public
Observation de l’anglais dans les services de santé ici. Même chose dans les commerces. Si on ne va pas dans des magasins qui servent en anglais, on pratique une simplicité volontaire radicale!

Dans les années 1960, à Hull, il y avait beaucoup de grandes affiches unilingues anglaises.

On parle d’imposer l’anglais au travail depuis plus de trente ans, notamment dans les congrès du PQ. Mais il n’en a toujours pas fait sa politique.

Le bilinguisme mène souvent à l’unilinguisme anglais.

Dans les restaurants du Vieux Québec, on accueille les gens en anglais!

Témoignage d’une jeune immigrante qui est allée à l’école française grâce à la loi 101. Aujourd’hui elle parle trois langues.

Retour du panel

Interventions de la salle

Combien de temps faut-il vivre au Québec pour être accepté en permanence comme Québécois-e?

On devrait inviter les francophones hors-Québec à étudier en français ici avec les même frais que les Québécoises et les Québécois.

Depuis des décennies, le gouvernement du Québec traite Gatineau comme une banlieue d’Ottawa, à preuve, le sous-développement de nos institutions d’éducation post-secondaire en comparaison avec d’autres régions similaires du Québec.

Le capitalisme sauvage est la source première des problèmes du français.

Beaucoup d’anglophones viennent vivre au Québec et aiment le français mais peuvent apprécier des services en anglais à l’occasion. Ce n’est pas le problème principal.

Retour du Panel

Retour à la salle
Le débat continue sur les étudiants étrangers. Notamment, des centaines de Français étudient en anglais  au Québec! Certains pensent que les frais ne devraient pas être beaucoup plus élevés pour ces personnes. On ne devrait pas prendre cette décision seulement à partir de critères économiques.

Est-ce qu’on va revendiquer le statut de membre associé à l’Unesco pour le Québec, comme vient de le faire la Palestine?

Les jeunes en Outaouais utilisent des insultes en anglais entre eux. Il y a beaucoup d’influence de la culture populaire anglophone.

L’Outaouais a une culture distincte.

Témoignage d’une personne qui a passé 25 ans au Nouveau-Brunswick et a repris à son compte la cause acadienne. Il y a un recul majeur du français de ce côté présentement. Il n’y a pas de relève. Les jeunes ont laissé tomber. On remarque une montée de l’anglais à Montréal aussi, en y retournant après 25 ans.

Témoignage sur l’anglais pour les contrôleurs aériens dans les années 1970.

Mot de la fin du panel




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